LUTTONS CONTRE LES FAUTESJ'ouvre les yeux et regarde mon réveil, 5h17. C'est dingue, je dors de moins en moins en ce moment, faudrait que je fasse quelque chose parce que ça me rend insupportable. Je me lève et sors sans bruits de ma chambre pour aller à la cuisine. Les trois autres dorment encore et à mon avis je les verrais pas avant 15h grand minimum. Qu'est-ce-que je vais bien pouvoir foutre pendant 8h moi ?
Je déjeune rapidement et file sous la douche. Comme d'habitude, j'y reste pendant une plombe et quand je me décide enfin à sortir, il est sept heures.
Boooon, plus que huit heures à attendre. N'est-ce pas fantastique... Je m'habille, enfile ma veste, mes chaussures et sors me balader. Ça me feras pas de mal et puis je risque pas de me faire reconnaitre par des fans, à part les vieux et ceux qui bossent, le seul con dehors à 7h du mat, c'est moi. Je déambule donc dans les rues d'Hambourg, tout seul, et décide d'aller faire un tour au marché. Je suis directement attiré par un stand de casquettes, tee-shirts et autres. La vendeuse s'approche de moi en souriant. Plutôt pas mal, elle doit avoir environ mon âge.
- Bonjour, est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?
Mais certainement !
- Je regarde seulement. Vous avez des casquettes Metallica ?
- Bien sûr, Monsieur, suivez-moi.
Elle m'entraine au "rayon" casquettes. Je dois avouer que son stand est quand même immense pour un stand de marché. Soudain je m'arrête, elle me tend une casquette. LA casquette. Blanche, avec des coutures noires en signes tribaux, Metallica écrit en noir également sur la visière, simple mais jolie, nikel.
- Si je peux me permettre, je pense que celle-ci vous ira, me dit-elle.
Je prends la casquette et la pose sur ma tête, ni trop grande, ni trop petite, parfaite. Je regarde à nouveau la vendeuse. Ouah ! Jamais vu des yeux pareils, à mi chemin entre le vert et le marron clair, sublimes, on dirait qu'ils brillent.
- Elle vous va vraiment bien, commente-t-elle.
Y a pas qu'elle qui me va !
- Merci.
Je jette un coup d'½il au miroir, c'est vrai qu'elle me va bien.
- Elle est à combien ?
Elle semble gênée soudain. Je hausse un sourcil. Elle me fait un sourire timide et se décide enfin.
- 60¤.
J'écarquille les yeux.
- WAS ?? 60¤ pour une casquette ?!
- Je suis vraiment désolée, c'est le prix minimum qu'on m'a imposé mais...
Elle réfléchit un moment. Quand même, 60¤, même les casquettes de Tom sont moins cher, du moins la plupart.
- Je veux bien vous la faire à 45¤, moins cher, je peux pas, navrée.
- C'est bon, je prends.
Elle me fais un sourire franc cette fois. D'un coup j'ai envie de tout acheter juste pour qu'elle continue à sourire.
- Ça fait longtemps que vous bossez dans les marchés ? Je demande.
- Tout juste un an, ça me fait de l'argent de poche.
Tu m'étonnes !
- C'est vrai que quand on voit le prix des casquettes, j'ose pas imaginer le reste.
- Et encore, je t'ai pas... pardon ! Je vous ai pas montré la plus cher !
- On peut se tutoyer si tu veux.
- Ouais, je veux bien, merci, me répond-t-elle, visiblement soulagée. C'est dingue, j'ai un mal fou à vouvoyer les jeunes.
- T'as quel âge ?
- Je viens d'avoir 19 ans, et toi ?
- Je les aurait dans deux mois.
Elle rit, je sais pas trop pourquoi, mais en tout cas j'adore son rire. J'adore ses yeux aussi, et ses fossettes quand elle sourit, et sa peau aussi, légèrement bronzée mais pas trop, juste ce qu'il faut.
- C'est quand ta pause ? Je demande, l'air de rien.
Elle regarde sa montre.
- Dans 1/4 d'heure.
- Ça te dis de boire un verre ? Je t'invite.
- Ouais, pourquoi pas.
À ce moment des clients arrivent et je la laisse travailler. Dix minutes plus tard, elle revient.
- Quelle peau de vache ! Un chapeau à 40¤ et elle le voulait pour moitié prix, c'est pas Noël !
- J'te rappelle que tu m'as fait une réduc' de 15¤.
- Ouais mais c'était pas moitié prix ! En plus c'est même pas moi qui décide, je dois payer la différence, je suis pas mère Thérésa non plus !
- Au fait, désolé de t'interrompre mais comment tu t'appelles ?
- Cléa, et toi ?
- Moi c'est Gustav.
- Tiens c'est marrant y a un groupe que mon frère aime bien... ah mince j'ai oublié le nom, un truc avec hôtel ded... TOKIO HOTEL ! Voilà, ben je crois que le batteur a le même prénom que toi !
Et merde !
- Sérieux ? Je demande l'air de rien.
- Ben je crois, tu connais pas ?
- Bof, j'ai déjà entendu une ou deux fois, t'aimes ?
- C'est sympa, bref...
- CLÉA !!
Elle se retourne et sourit à nouveau. Elle sourit tout le temps, c'est pas possible ! Une femme d'une quarantaine d'année se dirige vers nous.
- C'est bon cocotte, tu peux y aller, rendez-vous-ici à 10h30.
- Oui chef ! Répond-t-elle en portant sa main à sa tempe avec un geste militaire.
Elle me regarde alors bizarrement.
- Quoi ?
- J'ai l'impression que je t'ai déjà vu quelque part.
- Ça m'étonnerais, je m'en serais souvenu !
Elle me sourit encore, si elle continue comme ça je vais fondre.
- Comment dois-je le prendre ?
- Comme un compliment, on y va ?
- Je te suis !
Je lui rends son sourire et l'entraine dans un café du coin.